Sexualité hors mariage

Une question posée:

Bonjour,

Je souhaite vivre dans les préceptes de l'Eglise Catholique mais je ressens beaucoup de difficultés et je me pose beaucoup de questions.
Je suis actuellement célibataire. Mais, si, un jour, je rencontre un homme qui me plaît, puis-je accepter l'union libre ?
Dans notre société, peu d'hommes sont prêts à attendre jusqu'au mariage pour avoir des relations charnelles. De mon côté, j'ai besoin de croire que j'aurai le droit de vivre une relation amoureuse pour continuer à vivre sereinement.

Merci de m'éclairer.

Réponse:

Chère amie,

D'abord je tiens à rappeler que c'est à chacun, en conscience, de mener sa vie. L'Eglise est là pour éclairer le chemin, pas pour se substituer à la décision de chacun.

Je suis très conscient de la difficulté ,aujourd'hui, de vivre selon l'Evangile. Il en a toujours été ainsi. La pression sociale, la culture…. fait que le chrétien a toujours été plus ou moins à contre courant.

Mais en même temps, quelle est la qualité de vie que l'on veut avoir? "Il n'y a que le poisson mort qui descend la rivière", comme le dit un proverbe indien.

Dans votre choix d'un mari, d'un couple stable qui dure et qui procure le bonheur, vivre selon le don total en profonde communion avec Dieu, avec soi et avec son conjoint, est le meilleur antidote à une vie fragmentée, voire déchirée, en tout cas repliée sur soi, et qui peut finir parfois en eaux de boudin comme je le vois trop souvent.

A quoi bon faire une multitude d'expériences, si c'est pour se blesser. Il m'arrive d'accueillir des gens parfois dégoûtés d'avoir été utilisés, et puis jetés comme une vieille chaussette usée. Les blessures affectives mettent du temps à cicatriser, surtout si le corps a été impliqué dans la relation.

Savoir être progressif dans la relation, ne pas griller les étapes, est le meilleur moyen de grandir en amour et en bonheur. Il s'agit de construire sur du solide, sur du vrai! Qui n'aurait pas envie d'un grand bonheur durable, pour toute la vie. Vous y avez droit, pleinement, et ça se construit!

Donner son corps, en signe du don total de soi, n'a de sens que si effectivement on a clairement donné sa vie à autrui. C'est un acte beau et grand, mais qui peut rester un pieux mensonge et devenir insignifiant s'il n'est pas accordé à la vérité de la vie.

Oui, c'est normal, quand on aime, on a envie de se donner pleinement, et avec son corps. Le don complet de soi à l'autre, -être tout à l'autre, et le recevoir complètement-, c'est le véritable dynamisme de l'amour. Il est vrai s'il concerne toute la vie. "Je me donne complètement à toi et je te reçois". C'est la réalité profonde de ce qu'est le mariage. Le mariage n'est pas d'abord une cérémonie, c'est une façon de vivre avec quelqu'un qu'on veut aimer jusqu'au bout et pour lequel on se donne. Ce rapport est une relation d'Alliance. C'est votre désir, non? Si c'est le cas, pourquoi ne pas le choisir et l'expliquer à celui que vous aimez.

La satisfaction d'une pulsion n'est pas encore de l'amour, même si c'est fort. Oui, c'est dur de résister. Mais c'est peut-être plus dur encore de s'en relever quand on se rend compte que c'était faux. Que de déceptions, et parfois d'état dépressif. C'est fort de se lier avec son corps. C'est dur, très dur, quand la force de la sexualité (la passion) a voilé la réalité des sentiments et la vérité de la relation. 

Oui, il est plus facile et plus attirant d'unir les corps que les cœurs. Mais si le cœur n'y est pas, comment alors le corps pourrait-il être moyen d'unité et d'union et de communion?

Vous me direz que quand il y a une promesse de mariage, les choses sont peut-être un peu différentes. Mais je crois même pouvoir dire que lorsqu'on unit les corps avant les cœurs, toutes les décisions importantes sont retardées, différées.

J'ajoute enfin que le mariage a toujours été une garantie de protection pour la femme. Aujourd'hui, la pauvreté se développe surtout dans les "familles mono parentales", c'est-à dire composée d'une femme et d'un ou deux enfants.

Historiquement, le mariage a toujours protégé la femme (même si il y a eu des abus et des violences qui d'ailleurs existent aussi hors mariage, et qu'il faudra toujours dénoncer, parce qu'elles affectent les rapports homme femme depuis les débuts de l'humanité). C'est aussi à prendre en compte dans vos choix.

 

Vous êtes libre de vos choix, et vos choix vous déterminent. Si celui que le Seigneur vous destine vous aime vraiment, alors peut-être qu'il pourra comprendre votre désir.

La vie n'est jamais simple. Mais la liberté et le bonheur se gagnent dans les actes que l'on pose. Courage. Le bonheur n'est pas loin. Soyez exigeante. Et si vous aimez, confiez-vous au Seigneur qui vous guidera .

Vous n'êtes pas faite pour un "petit" amour ou un "petit" bonheur, vous êtes faite pour le plus grand des amours! Oui, vous avez le droit d'être amoureuse, et vous le serez. Soyez-le profondément de celui que le Seigneur vous destine, et allez jusqu'au bout du don de vous-même. Vous pouvez déjà prier pour lui, vous pouvez déjà l'aimer! C'est formidable, non?

avec toute mon amitié